Interview de la candidate Muriel Condolf (PS)
samedi 3 novembre 2007.

« Il faut surtout échanger et partager »

En 2007, Muriel Condolf, la tête de liste P.S à Verneuil compte bien inverser les rôles. Forte de son expérience passée dans l’opposition, elle espère convaincre les Vernoliens sur la nécessité de gérer Verneuil autrement.

Propos recueillis par Lotfi Hammoumraoui

NDR : Comment jugez vous le mandat municipal de Mr Tautou ?

Muriel Condolf : C’est avant tout une action très frileuse. On ne dénote pas de grandes ambitions pour la ville, il y a une absence de projet de ville sur le long terme. C’est une gestion économique au coup par coup en vue de faire des économies. Alors, certes l’équipe municipale précédente a eu d’énormes défauts cependant si on ne porte pas une politique ambitieuse sur une commune, on ne fait rien. C’est ce qui se passe dans notre ville depuis maintenant sept ans. Mr Tautou possède une vision à court terme, une gestion de bon père de famille où le mot d’ordre est de faire des économies. La conséquence est que les impôts ont augmenté de 25% et de fait, c’est une petite tranche de la population vernolienne, sur une durée très courte, qui assume le financement d’infrastructures qui de toute façon seront pérennes sur plusieurs générations. Reprochez l’affaire des bois de Verneuil qui a mis la ville dans une situation catastrophique, c’est aussi ne pas reconnaître ce que les bois apportent à la ville en terme de qualité de vie, de cadre de vie et de cela tout le monde en profite.

NDR : Mr Tautou justifie l’augmentation d’impôts car il héritait d’une ardoise très lourde à effacer, pouvait-il faire autrement ?

M.C : Le fait de dire qu’il y avait une ardoise très lourde à résorber est significatif de sa vision des choses. Cela démontre qu’il n’est pas dans une perspective d’avenir, il comble le retard sans se tourner vers les objectifs à venir. La dette était importante, c’est vrai, mais il faut aussi aller de l’avant. Évidemment, il faut se garder des marges de manœuvres mais doit-on pour autant sacrifier des projets de ville comme la voirie par exemple ?

Allez-vous être une force d’opposition ou de proposition ?

Une force de proposition car c’est ce que nous avons toujours été. Quand on estimait que les propositions faites, allaient dans le sens des Vernoliens, nous les votions sans scrupules. Il est vrai que la gestion de la municipalité de Mr Tautou n’est pas sans reproches : que ce soit sur cette vision à court terme, sur sa préférence pour l’épargne ou sur le peu de transparence qu’il a pu mener dans les dossiers municipaux notamment en ce qui concerne la concertation avec l’équipe d’opposition.

Quand lancerez-vous votre campagne ?

D’une certaine manière, elle est lancée. J’ai été désignée par les socialistes fin septembre pour mener la liste de rassemblement de la gauche. A partir de là, des discussions avec nos partenaires ont été engagées. Nous sommes en train d’élaborer un programme avec un certain nombre de problématique puis nous discuterons avec les Vernoliens sur les propositions qu’on peut leur faire. Notre objectif n’est pas d’avoir une position exclusivement partisane. Certes nous avons des valeurs auxquelles nous sommes attachées et que nous défendons mais être élu à la municipalité signifie être élu pour l’ensemble des Vernoliens. Nous voulons que chaque Vernoliens trouve sa place à Verneuil, ce qui à mon sens n’est pas le cas actuellement. Nous échangerons avec les Vernoliens afin que nos propositions puissent être au mieux adaptées à leurs attentes.

A votre avis, quels seront les thèmes essentiels de la campagne ? Sur quoi se jouera l’élection ?

Sur la jeunesse, par exemple. Sur la question de la petite enfance même si nous reconnaissons que des choses ont été faites. La petite enfance n’a jamais été un axe prioritaire dans la gestion de la commune. Il existait une crèche collective qui a été fermée. L’ancienne équipe avait relancé un projet avant la municipale de 2001 mais la nouvelle l’a considéré comme mauvais, ce qui nous a fait prendre beaucoup de retard pour améliorer l’offre d’accueil pour les enfants. A Verneuil, la plupart des gens travaillent à l’extérieur. 2/3 de la population ont moins de 50 ans, il y a donc une vraie demande à ce niveau-là. Bien évidemment, il y a la question de la circulation et des transports qui est très problématique. Nous avons la chance d’avoir une ville agréable, il est dommage de connaître les inconvénients des grandes villes. Sur cela se greffe la question de l’urbanisation, enjeux important au niveau départemental, Verneuil n’y échappe pas. Il y a beaucoup de Vernoliens qui ne peuvent plus, à cause des prix de l’immobilier, s’installer sur Verneuil. Répondre à cette demande de logement tout en maîtrisant l’urbanisation est un enjeu de taille.

Considérez-vous l’intercommunalité d’utilité publique ou de nécessité politique ?

Celle qui a été mise en place est de nécessité politique. Sur le principe, nous sommes favorables à l’intercommunalité car le principe de mutualiser les moyens, c’est répartir les charges qui portent sur l’ensemble de la population. Néanmoins, construire une intercommunalité sans pôles économiques forts reste problématique car cela risque de faire peser sur les populations concernées une forte pression fiscale. Verneuil n’ayant pas jusque maintenant de pôles économiques, ses recettes fiscales portent essentiellement sur les ménages. Il aurait fallu pouvoir répartir cette charge là. Maintenant, l’intercommunalité est faite. Les recettes économiques que la ville peut engranger ne sont plus directement pour elle mais pour un pot commun qui doit bénéficier à l’ensemble de l’intercommunalité, dans la perspective de construire en commun des infrastructures. Verneuil doit être partie prenante dans cette intercommunalité pour le développement de son activité économique, créatrice d’emplois et de richesses.

Mme Lopez-Jollivet, maire de Vernouillet, considère les transferts de services de la municipalité à l’intercommunalité comme problématique, qu’en pensez-vous ?

Oui et non. Si le principe de mutualiser les financements pour mutualiser les besoins est un bon principe, le problème est que cela créé une structure en plus qui manque totalement de transparence aux yeux des administrés. Les conseillers communautaires ne sont pas élus au suffrage direct mais élus par les conseils municipaux. Cette manière de fonctionner éloigne le pouvoir de décision des administrés. C’est un fait. Dans le cadre de cette intercommunalité, je considère que l’on a mis la charrue avant les bœufs. On a fermé un périmètre avec aucun pôle économique fort comme Conflans-Ste-Honorine ou Poissy. L’argument de Mr Tautou et de Mr Cardo fut de dire qu’il fallait d’abord construire un noyau dur avant de faire une proposition à ces communes. Mais qui accepterait de donner ses richesses sans avoir participer à l’élaboration même du projet ? C’est incohérent.

Mme Da Silva, votre consoeur à Triel, compte faire du développement économique en accentuant les efforts d’implantation dans sa ville de PME-PMI, pensez-vous que ce soit une solution ?

Tout à fait. C’est une source de richesses et créateurs d’emplois. Sur Verneuil, on vend des terrains et cela sert de parkings pour les bus. En terme de créations de richesses et d’emplois, on a vu mieux.

En 2001, 200 voix vous séparaient de la mairie. Cependant la donne politique a changé en sept ans, alors qu’est ce qui vous fait croire en vos chances ?

Le fait que nous soyons soit bien implanté dans le paysage politique mais aussi l’expérience municipale que nous avons acquise, nous sommes maintenant bien structurés et connus des Vernoliens. Nous avons acquis de la maturité et une vision plus approfondie des choses. Tout cela nous fait croire en nos chances. Personnellement, j’en suis convaincu.

Si vous n’êtes pas élue, qu’allez vous faire ?

Je resterai impliqué dans la ville de Verneuil et continuerai à défendre une vision d’avenir. Nous tirerons bien sûr toutes les leçons d’une défaite mais je ne renoncerais pas. A vrai dire, je ne suis pas dans cet état d’esprit. Mon équipe et moi sommes sereins et avons confiance en les Vernoliens.

Il y a peu de femmes maire, est-ce un avantage ou un inconvénient de se présenter ?

Je pense que c’est un avantage. Il est vrai que notre vision du pouvoir est différente. Nous sommes peut-être plus à l’écoute. Par rapport à 2001, les mentalités ont évolué sur cette question. Mais vous savez lorsque l’on est déterminé, peu importe le sexe. Il faut surtout échanger et partager. ■

 

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